Cela arrive aux plus courageux

Depuis que j’ai décidé de transmettre mes connaissances dans le domaine de la défense personnelle, j’ai eu le plaisir de rencontrer des hommes et des femmes exceptionnels. Certains d’entre eux, victimes d’agressions violentes (certains ont pensé mourir), ont eu la gentillesse de partager leurs expériences avec pudeur et sincérité. Je les remercie pour leur confiance qui me permet aujourd’hui de discuter avec vous d’un point crucial en self-défense : la manière dont le corps réagit lors d’une agression et tout particulièrement de la perte de contrôle au niveau de la vessie et du sphincter.

La première personne qui s’est livrée à moi était un fonctionnaire qui travaillait à la Poste. Victime d’un braquage, il s’est retrouvé pris en otage. Sous la menace de l’arme de son agresseur, il s’est uriné dessus. La même chose est arrivée à une jeune femme qui travaillait dans un petit commerce. Elle s’est retrouvée nez à nez avec un agresseur armé.

Perdre le contrôle de sa vessie n’est franchement pas facile à avouer. Si j’ai décidé d’en parler dans cet article, c’est tout d’abord pour vous rassurer si cela vous est déjà arrivé. Nous allons en reparler dans un instant, mais cela est une réaction naturelle du corps lors d’une situation de survie. Deuxièmement, comme cela est une réaction physiologique courante lors d’une agression violente, vous devez en être averti pour ne pas que cela vous perturbe au moment de défendre votre vie.

Une réaction naturelle

Les recherches effectuées montrent que si votre vessie ou l’intestin sont pleins lors d’une situation de survie engendrant un stress important, vous allez comme on le dit communément vous faire pipi ou caca dessus. Votre corps passe en mode survie et il ne ressent alors pas la nécessité de contrôler ni la vessie, ni le sphincter.

Si cela vous est arrivé dans le passé, vous devez savoir que c’est une réaction naturelle qui arrive également aux professionnels comme les soldats. Toutefois, c’est une chose qui est encore plus difficile à avouer dans cette communauté. Tout comme de nombreuses victimes qui ont vécu ce phénomène, les militaires, à qui c’est arrivé, se sentent honteux en estimant que quelque chose ne va pas chez eux.

Pourtant dans son livre On Combat, Dave Grossman estime qu’approximativement 50% des soldats ayant participés à des combats intenses admettent avoir mouillé leur pantalon. Ce chiffre prend en compte seulement ceux qui ont avoué. Les statistiques sont probablement plus élevées.

Que faire si cela vous arrive ?

Encore une fois, c’est une réaction physiologique naturelle. Cela arrive aux criminels eux-mêmes. Aussi si cela devait se produire pour vous, il n’y a rien que vous puissiez faire d’autres que de continuer de combattre pour vous défendre.

Toujours dans son livre Dave Grossman raconte l’histoire d’un agent fédéral qui se trouvait dans l’une des tours du World Trade Center au moment des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Lui et ses collègues tentaient d’évacuer le premier building après la première attaque. Ils portaient leur équipement tactique et assistaient la police locale lorsque le bâtiment a commencé à s’effondrer. Cet agent explique qu’au départ, lui et les autres agents ne savaient pas quoi faire, avant de réaliser qu’ils feraient mieux de prendre leurs jambes à leur cou.

Un nuage noir de fumée et de poussière les enveloppa et assombri alors totalement le ciel. Il ne pouvait plus respirer et il commença à perdre conscience quand le nuage se dissipa. Il retourna alors immédiatement à sa mission. C’est alors que le deuxième bâtiment s’effondra. Un nouveau nuage de fumée et de poussière l’empêcha à nouveau de respirer. Il crû mourir car il failli perdre à nouveau conscience. Quand le nuage se dissipa, il repris ses esprits et retourna au travail.

Quelques heures plus tard, alors qu’il se trouvait à un point de rassemblement pour se nettoyer, il avoue s’être posé la question de : pourquoi est-ce que tout le monde  a mouillé  son pantalon, et pas moi ? 

Ce n’est que plus tard qu’il compris que c’était une réaction naturelle de l’organisme lorsque la vessie ou les intestins sont pleins. Dans son cas, il était allé aux toilettes juste avant l’attaque.

Cela arrive aux plus courageux

Nous avons entendu de nombreuses choses sur le 11 septembre. Cela s’est produit il y a plus de dix ans maintenant et pourtant, presque personne n’a parlé du fait que la plupart des survivants ont mouillé ou sali leur pantalon. Est-ce que cela diminue leur courage ? Absolument pas.

Tout comme un pompier doit tout connaître sur le feu pour le combattre, vous devez tout savoir sur la violence pour vous défendre de manière réaliste. Cela inclut la manière dont votre corps réagit dans une situation de survie sous stress intense. Cela permet de vous préparer mentalement et émotionnellement à affronter ce genre de situation. Si cela devait vous arriver, gardez donc à l’esprit que c’est une réaction naturelle du corps, que c’est parfaitement normal et que vous devez continuer de combattre sans vous en préoccuper.

La pointe de l’iceberg

Bien évidemment la perte de contrôle au niveau de la vessie et du sphincter n’est qu’une des réactions physiologiques lors d’un stress intense dans une situation de survie. La perte de coordination motrice fine, l’effet tunnel au niveau de la vision, la paralysie temporaire, la perte de mémoire de l’événement, le phénomène de dissociation, la sensation que le temps s’accélère ou ralentit, etc, sont d’autres réponses de l’organisme.

Apprendre des techniques de self-défense est indispensable mais inutile si vous ne comprenez pas ce qui se passe dans votre corps au moment de l’attaque et que vous restez paralysé.

Christophe Besse

Représentant de Jim Wagner pour l’ensemble des pays francophones en Europe & Président de l’International Jim Wagner Reality-Based Personal Protection Association.

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